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Vendredi 20 juin 2008







- Publié dans : Les news
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Jeudi 5 juin 2008

Je me rappelle de ces escaliers d'hôtel
où le chat est mort du plaisir
et tes jambes ont cédé près du mur
trois fois

Je me rappelle de cette lumière électrique
et du bain, nous les deux
du lit et des draps
trois fois

Je me rappelle de ta peau
et de la peinture de Dali
dans cette 532-B d'un hôtel de province
où la passion s'est écrite
trois fois

et ne me dites pas que l'art est mort
parce que tes cheveux encore m'enchantent
dans les nuits d'Été



Par K. - Publié dans : Sur quelques vers
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Dimanche 20 avril 2008
Je rêvais la félicité à chaque battement de paupière. Tic tac du sommeil déclic du réveil.
Ouvre les yeux. Je suis sur la route de Madison et tu es bien plus beau que ce brave Clint, ouvrant les bras sur l’étendue des possibles, et toutes ces décisions capitales qui viennent ronger nos têtes. Je me réveille au rayon conserves du Hard discount. Chéri, cassoulet ou choucroute ce soir?
C’est le schéma éternel ma pauv’ dame. L’inéluctable squelette qui te réchauffe le cœur avant de te glacer les os. La trame indémodable du tandem. La concordance des temps sous les carences grammaticales. Je t’aimais, je t’aime et après. Après la vie est un long film ennuyeux. Après nous, après ce je qui s’éteint et ce tu qui ne voit rien.

Je t’ai dit, » j’ai rêvé de lui » De lui et moi, de cette maison à l’âme morte et aux murs repeints. De l’aube d’une existence foutue d’avance. De 12m² de publicité mensongère pour couples en devenir, full options s’il vous plaît. Berline familiale, jardin potager, jack Russel obèse et landau tout terrain. Je m’arracherais la tête pour éviter les terrifiantes bavures nocturnes de l’indomptable inconscient. Franchement, c’est la pilule rouge que j’aurais avalé. Mais le réveil a sonné.

Rien…Ce n’est rien. Je lave ces vilaines fresques à grands coups de satisfaisantes futilités. J’attends les colis de bonheur envoyés par les ONG pour soigner mes petits maux occidentaux en regardant 22 malards sautillants courir sur la pelouse. Même que je peux te dire que, non, là, y’avait pas hors jeu. Parfois je conclus une alliance avec les Krogan, et ensemble on va dézinguer du Geth au fusil à pompe. Je sauve ma vie. Je sauve l’univers. Je saute l’univers. Je saute même du coq à l’âne.
 
Ça me surprend toujours, le fait de pouvoir te digérer entièrement, comme ça. Tes grincements de kaléidoscope lunatique, je les avale sans broncher. L’indélicatesse qui glisse comme une huître, et en dessert, le millefeuille de muflerie. Au fond de mon blindé, je serre les dents, les poings, les yeux. Je te serre. Je te sers. Fort. Beaucoup. Trop. Et j’aime ça. Beaucoup. Trop.

J’ai rêvé encore. Sous les pavés, il y avait encore une grosse couche de pavés.
Je jette un œil à l’arrière, je vois la montagne et je suis fière. Et je leur raconte à tous, comment j’ai niqué la colline. Comment j’ai mis toute mon énergie à cramer ces images d’Épinal. Je manquais d’oxygène voyez-vous, vous m’accusiez de vos regards noirs, on m’alimentait avec des machines et le docteur Green s’apprêtait à vous annoncer ma mort clinique et puis….Le réveil a sonné, encore.


Trop… et me voila gourde à t’abreuver de mes sempiternels doutes, de mon amour anthropophage, du désir vorace. J’ai tellement appris à me calquer sur ton pas que je ne peux plus marcher seule. J’ai tant convoité ce nous que le reste autour a perdu tout intérêt. Tout ce pathos, finalement, je préfère en rire, puisque je ne peux m’en défaire. Je suis une quille brûlée à l’intérieur, mais j’ai gardé les joues de l’enfance, et en façade le sourire collé. J’encule les mouches en toute légèreté. Ça je sais bien faire. Gratter les os, fouiller les viscères.

Et je sais bien. Sans imagination, l’amour n’a aucune chance*

J’ai fait un rêve. On était trois. Ça manque de place dans notre maison de poussière. La pointe du triangle écrasée comme un hamster nain entre nos grosses brutes d’ego, on finissait par l’oublier. Jusqu’à ce qu’elle se taise enfin.

Les viscères… Aujourd’hui j’ai mal. Un peu partout et un peu nulle part. Ca fait comme tout Disneyland dans mon estomac. It’s a small world enrobé du grand huit. Je trépigne, j’attends. Je compte les jours. Je cherche des ailleurs inexistants. Je déteste les retards. Je méprise tous les retards. Je ne suis jamais en retard.

Les cauchemars, c'est ce que les rêves deviennent toujours en vieillissant.**

Cette nuit, j’ai rêvé que je pissais sur un bâtonnet.





*Romain Gary
**
Romain Gary aussi
Par Erato - Publié dans : Nouvelles
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Mardi 15 avril 2008

C'est au lendemain d'une fête, ou d'une guerre, je ne sais plus
et la veille ronfle encore à mes côtés, toutes aisselles dehors
aux sourires un peu crispés de nos squelettes blanchis
on voit qu'on s'est épuisés à jeter des bouteilles à la mer
la fumée qui monte du fond des orbites, en volutes compactes
ça fait des spectres délicats avec lesquels on converse
je crois peut-être avoir été le premier à tomber
et nos têtes sont pleines du bruit
qu'on a pu croire musique, la tête pleine de fumée
mais dis moi qu'est-ce que j'ai dit, dis-moi qu'est-ce que j'ai fait


Par Renaud B. - Publié dans : Les best
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Samedi 12 avril 2008
.

franchir le pas de l'oeil

le gong accorde
le moulin des prières
aux rythmes anciens

entre l'oubli
et les cathédrales
les candélabres
fondent la cire
des mots scellés

les jachères puis le verbe

... il pleure des sangs

.


Par baldr - Publié dans : Les best
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Mercredi 23 janvier 2008
- Publié dans : Les best
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Samedi 20 octobre 2007

Retrouvez nos auteurs sur leur site ou leur blog :



Sur la corde :  http://bismoun.hitmuse.com/

Vision parallèle : http://visionparallele.canalblog.com/

Des poches sous les yeux : http://lesyeuxdetetsuo.blogspot.com/

Chantsongs : http://chantsongs.centerblog.net/

La tanière des poètes : http://taniere.activebb.net/

Le monde de Mielou : http://mielou.neufblog.com/


A suivre...







Par la marquise de Sade - Publié dans : Les news
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Mardi 16 octobre 2007

L'eau s'est retirée laissant là les algues bleues
Un soleil sans été tombe froid sur les peaux nues.
Te souviens-tu de la nuit sur les mots assemblés,
Vagues états généraux d'âmes sans êtres?
Le jusant terrible des soifs attendues.

Au quai l'an guette le courant de flot
A l'étale il s'en ira
avec en fond de cale un peu de notre histoire.
La vie est brune comme tu es brun.
Te souviens-tu de la nuit sur les mots assemblés?
Te souviens-tu de de celle qu'il aima?


Retrouvez le texte  : http://effetmer.free.fr/viewtopic.php?topic=4948&forum=50
Par Pierre_b - Publié dans : Sur quelques vers
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Samedi 13 octobre 2007
11h17.
Pour la quatorzième fois ce matin je composai le numéro de chez moi.
Pour la quatorzième fois aujourd’hui, une voix préenregistrée me répondit « Il n’y a plus d’abonné au numéro demandé »
Putain mais qu’est-ce qu’elle foutait cette conne ! Pourquoi est-ce que mon téléphone ne répondait pas, pourquoi cette idiote n’était pas chez nous à cirer les parquets comme tous les mardis depuis presque dix-huit ans maintenant ? Pourquoi elle ne décrochait pas ?

Je consultai la liste de mes clients.
11h30 – 145 rue Foch, appartement 2 – Madame Ribley – digicode : 14A5B
Je sortis de ma voiture, ajustai ma cravate, défroissai le bas de mon veston et remis en place la mèche qui me tombait sur le front.
Elle va me le payer cette conne. Elle a intérêt à avoir une bonne explication sinon je lui fais manger sa cire d’abeille moi.

L’immeuble de la rue Foch puait le pigeon à plein nez, de ceux qui vous font votre part de commission pour l’année entière en une seule vente. Des appartements à vieux cons friqués qui sont prêts à se vendre leurs dents en or pour offrir un coussin pur peau de tigre du Bengale à leur Yorkshire qui dilapidera l’héritage en boîte de caviar russe au grand dam des héritiers légaux qui se mangeront des petits pois en conserve en maudissant leur salope de mère. Celle de l’appartement 2 ne dérogeait pas à la règle, en un peu moins vieille malgré tout. A peine m’étais-je présenté, que son sourire décoré d’une rouge à lèvre naviguant entre l’orange et le rose bonbon me promettait déjà un bon de commande en trois exemplaires parfaitement rempli et son numéro de carte bleue.
L’immonde bestiole ne la lâchait pas d’une semelle d’escarpin. Ces aboiements stridents m’avaient répondu dès mon coup de sonnette. Sa découverte avait été au-delà de tous mes espoirs. Un ruban bleu en soie lui faisait une fontaine au dessus de la tête. Sa gueule aussi enfarinée que celle de sa maîtresse sortait d’un toilettage tout frais, et c’est tout juste s’il ne m’avait pas arraché la moitié de la main quand j’avais voulu le caresser en m’extasiant sur ce magniiiiiiiiiiiiifique bébé ! Mon pied dans ton fion ! C’est tout ce que tu mériterais mocheté ! Même un coup de bite pour l’hygiène je n’aurais pas pu ! Pourtant j’en avais testé du molosse. Des grosses chiennes poilues, la langue pendante, aussi haletantes que leur maîtresse friquée. Faut pas avoir peur de se salir les mains et la bite quand on veut être le vendeur du mois et gratifié d’une augmentation substantielle.
La vieille et son maquillage de carnaval me firent entrer dans le salon. A peine assis sur le canapé, son horreur me sauta dessus et me flaira les roustons.
« Ho ho, petite coquine, dis donc, dis-je de mon sourire Clark Gable en caressant la bête dans le cou, tu es vraiment une très jolie fifille toi. Ta maîtresse a bien de la chance d’avoir un compagnon aussi parfait que toi. »
Ca y était, la culotte mouillait. La vieille était ferrée, je pouvais lui sortir tout l’attirail, elle signait les yeux fermés. La collection printemps-été, les chaussons en cuir faits dans les ateliers italiens (une pièce unique, un peu chère, c’est vrai, mais votre enfant ne mérite-t-elle pas ce qu’il y a de mieux pour protéger ses petites papattes ? Tenez, signez ici, là, et là aussi), le collier 18 carats, incrusté de petits diamants importés directement d’Anvers (nous avons notre vendeur attitré, il nous fait des prix exceptionnels parce que lui aussi à cet amour si souvent incompris par les gens qui n’ont pas d’animaux, mais chut, ne dites rien, c’est un petit secret entre nous chère madame). Elle pissait de joie, elle gloussait comme une vieille dinde qui croit que les décorations de Noël sont là pour faire joli alors que le fermier l’appelle avec un couteau planqué dans le dos. Elle me proposa un thé que j’acceptai volontiers, très chère madame, je suis certain que vous êtes la reine du thé.
Pendant qu’elle s’excitait sur son eau chaude en cuisine, je fis un tour d’horizon du salon. Des toiles de maître - des reproductions ? – des vases de porcelaine, des statuettes en bronze, un tapis d’orient accroché au mur – pour cacher un coffre ? – la photo du mari sans doute décédé.
Et cette chienne excitée qui ne me lâche pas les couilles. C’est terrible comme ces petites choses sont sensibles aux odeurs. C’est vrai que je n’avais pas eu le temps de prendre une douche avant de quitter la cliente précédente, mais quand même ! Je repensai à ma femme, à mon numéro inaccessible. J’étais parti de la maison dimanche soir, comme chaque semaine. Quand on est représentant de commerce, on passe plus de nuits à l’hôtel que dans sa propre chambre, c’est une vie de voyageur, mais j’aimais ça. Puis faut dire aussi qu’au bout de 18 ans de mariage, j’avais d’autres envies que de me coucher à côté des bourrelets de ma femme ou de me réveiller à l’aube avec les cris des mômes qui se disputent pour voir Bob l’éponge à la télé.
Madame Ribley revint dans le salon avec un plateau de thé et des biscuits. Elle en avait profité pour remettre une couche de rouge à lèvre. Elle espérait quoi ? Entourer ma bite d’un cercle orange-rose bonbon en me suçant ?
Elle s’assit à côté de moi dans le divan, me donna ma tasse et commença sa tirade. Je les connaissais par cœur ses mots. La solitude, son pauvre mari mort trop tôt, le bébé qui lui donne tout l’amour qu’elle ne peut plus avoir autrement. Je comprenais, je comprends madame, vous êtes si jeune encore pour être seule.
Les vieilles bourges coincées, tu parles. J’avais à peine eu le temps de finir ma phrase que déjà sa main était sur ma braguette. C’était ça aussi l’avantage des représentants de commerce. Tu n’avais plus besoin de payer. Avec l’expérience, quelques mots pleins de compassion étaient plus efficaces que des billets posés sur la table de chevet.
Trente minutes plus tard, je quittais le 145 de la rue Foch, un contrat d’un montant de 7500 euros en main, et un pourboire de 200 dans la poche. Je téléphonai au bureau. Magali valida le contrat et le numéro de carte bleue, tout était ok.
« Ta femme a laissé un message pour toi ce matin. Ce serait bien que tu rentres chez toi le plus rapidement possible… je crois qu’il y a un petit problème … »



La suite : http://effetmer.free.fr/viewtopic.php?topic=5076&forum=20
Par la marquise de Sade - Publié dans : Nouvelles
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Mardi 24 avril 2007

T’imagines une ville T’imagines la nuit

T’imagines une ville
T’imagines la nuit
T’imagines une rue
T’imagines les réverbères
T’imagines un homme qui descend la rue
Les mains dans les poches
De sa veste d’aviateur
T’imagines la musique dans ses écouteurs
Fusion hip-hop electro
N’imagine pas qu’il semble danser
N’imagine pas qu’il accélère le pas
Pourtant son cœur bat fort
T’imagines la rocade sud
Et sa circulation désincarnée

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Monsieur fait la fine bouche

« Monsieur fait la fine bouche
Il n’aime que le nanan » ?
Disait-elle très farouche
Et avec des yeux menaçants !
Et prenant à pleines louches
Le fricot encor bouillant
Elle remplissait l’assiette
De Monsieur, en rechignant.
Vous avez compris, sans doute,
Qu’entre eux le torchon brûlait
Et que sur leur longue route
Des nuages grossissaient
Il faut dire à sa décharge
Qu’elle savait depuis peu
Que Monsieur, rue de la Barge
Fricotait en amoureux

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Love is underground

Effondrement nuisible
Eboulements médiatiques
Le savoir est nourriture?

[Intoxication de fluxs numériques
Il faut encoder les barres myélinisées]

Vomir mes neurones par les yeux
Cracher mon goudron par la bouche

[Et ça te dérange que je suffoque?
Tu veux me voir crever sous les néons?]

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Tableau Premier

C'est dix heures du sommeil
Et dans les urinoirs
S'érigent les fesses en rang des poivrots.

Au delà des portes
Les élastiques claquent sur des peaux fanées
On entend les cuillers
Et le verre cliqueter aux ombres décharnées

Et la mort se roule en boule sur les cuvettes
Et la mort se flaque en veines solubles
Je les vois empalées sur de tristes figures
Les aiguilles animées en rouge chevelure

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Le noctambule

Marchant dans la nuit d’été
Malmenant le pavé luisant
C’est vers toi que je suis allé,
Troublante hétaïre aux yeux grisants.

Ta peau aux couleurs du blé d’été
Appelait la caresse de mes doigts,
Ton regard trahissant ton émoi
Chavirait vers le ciel étoilé.

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Aventure sentimentale avec mon chien

Celui qu’on appelait depuis des années Le Caïd était l’inséparable pote de Gengis depuis plus longtemps encore – lui seul se souvenait de son vrai nom – et, il faut l’avouer, aussi un peu son modèle. Pourtant, ce petit blond un peu grassouillet ne payait pas de mine, mais il avait toujours un peu fasciné Gengis par son assurance calme doublée d’un humour souvent cinglant, toujours bien placé, là où ça fait le plus mal, qui imposait le silence et ne tolérait pas de réplique. Il opposait la plupart du temps une attitude de Sphinx au mutisme olympien à l’irrépressible agitation de Gengis.

Ils se retrouvaient régulièrement dans leur rade attitré – platement nommé « Le Départ », qu’ils avaient affectueusement rebaptisé « Au Poète pinté », dit le PP – pour refaire le monde et surtout refaire les femmes, car à leur age, c’est l’essence même du monde. Remarquez, après, c’est pareil. Le Caïd affichait un mépris railleur envers la gente féminine en général que la gente féminine lui rendait bien, si bien que plus persone ne savait qui avait commencé. Mais il profitait avidement du désir incessant de Gengis qui s’enthousiasmait pour deux, en bon opportuniste. Car le Gégène était un garçon travaillé par l’absolu, et l’absolu, pour lui, s’était incarné dans les femmes – oh le joli mot ! Alors, il était en perpétuel besoin de séduire. Chaque fille qui le regardait était un bout du monde qui s’ouvrait à lui, c’était l’absolu qui lui faisait des clins d’œil. Du coup, il prenait particulièrement mal les échecs dans ce domaine, parce que l’absolu qui se refusait, c’était une claque à son ego.

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La mort de la mort

J'erre le long de la voie ferrée. J'avais négligé le premier train, et j'ai raté le dernier. La lune s'est levée. Dans mes oreilles la voix de Ferré.
"Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'un autre quartier, d'une autre solitude. Je m'invente aujourd'hui des chemins de traverse. Je ne suis plus de chez vous…"
Mais je n'invente rien, mon chemin est longé de traverses que traversent les trains et leurs souffles me renversent tandis que menace l'averse.
"… Si vous n'avez pas dès ce jour, le sentiment relatif de votre durée, il est inutile de vous transmettre, il est inutile de regarder devant vous car devant c'est derrière, la nuit c'est le jour…"
Ô, comme je déplore ma négligence, mon inconscience, ma lâcheté et ma fierté, mes illusions. Les lumières brillent aux fenêtres aseptisées, la lune berce le ballast de son feu tiédasse, je ne sais où aller. Je m'assois un peu en retrait, comme je le faisais jadis dans les discussions trop personnelles. Le recul, prendre du recul, le temps de l'observation, voilà qui me sied toujours. Voilà qui m'a toujours scié. Refus de l'engagement, pudeur de la peur, méditation avant l'action, et pas d'action.

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