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La tribune littéraire

Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /2008 10:15


- Heu chérie là, j’viens d’terminer un bouquin là… putain, il est…
- Depuis quand tu lis mon amour ?
- Ta gueule mon cœur. Ca s’appelle heu…merde. J’m’en souviens plus du titre parce que c’est un truc genre italien… ou grec, même. Enfin le titre on s’en fout. En tout cas c’était trop énorme.
- Non, mais attends. Depuis QUAND tu lis mon amour ?
- Mais putain tu vas me lâcher avec ça ? J’lis si j’veux. Mieux qu’toi j’suis sûr, pauvre conne. J’veux dire…mon cœur. Bref, c’est l’histoire d’un type qui monte sur un bateau, style méga paquebot qui traverse l’Atlantique, et qui rencontre un autre type qui joue du piano dans l’orchestre du paquebot et ce type là, ben, il est jamais descendu du bateau depuis qu’il est né dessus tu vois. C’est comme qui dirait comme si il avait jamais mis pieds à terre en fait.
- …
- Vu qu’il est né dessus.
- …
- Le…bateau. Il est né sur le bateau. La vache, tu comprends pas vite toi, mon amour.
- C’est quoi ces conneries chéri. T’es pédé ou quoi ?
- Moi j’suis un PD moi ? Mon cœur… Comment tu me parles ? Tu vas prendre ta claque toi, j’te garantis.
- Mais calme toi mamour. J’me demandais juste comme ça. Depuis quand tu LIS ? Ma crotte.
- Tu me les brises. Sérieux. On s’en tape depuis quand je lis. J’avais rien d’autre à foutre, ça te va ça ? Bref, le type qui bouge pas du bateau, ben il joue du piano donc. Et vachement bien, j’préfère te le dire. Le chef d’orchestre, tu sais ce qu’il lui dit à chaque fois, avant qu’ils entrent sur scène, au pianiste ? Tu sais c’qu’il lui dit ?
- Non.
- « Que les notes normales Novecento. Que les notes normales, ok ? ». Hey, Novecento ! C’est ça le titre du bouquin. Novecento, pianiste. J’t’avais dit qu’c’était rital. Ou grec. Bref, tu sais pourquoi il lui dit ça le chef d’orchestre ?
- J’en sais rien mon biquet.
- Parce que Novecento, c’est genre un Dieu du piano tu vois. Il a appris tout seul et il joue un genre de musique qui existe pas tu vois ? Truc de malade. Genre une autre fois, c’est la grosse tempête sur le bateau, tout le monde a les foies, et Novecento, tu sais pas c’qui fait lui ?
- J’préférais quand tu matais le foot mon ange.
- Ta gueule ma puce. Novecento, lui, il marche tout droit alors que tous les autres y s’font balancer par le mauvais temps, les vagues, tout ça. Tout droit y marche. Parce qu’il est né sur le bateau, c’est pour ça. Et après, il se met au piano, toujours la tempête, et il se met à jouer, tranquillement, et après… il enlève les cales du piano.
- …
- J’te jure. Il enlève les cales et le piano se met à valdinguer dans la grande pièce de répétition et Novecento lui, il continue à jouer et il danse sur l’océan avec son piano, c’est trop beau.
- Je savais bien que t’étais gay.
- Putain, mon cœur. Sérieusement. Tu me casses les couilles là.
- …
- Sérieusement.
- Moi c’que j’en dis c’est que…
- Putain pour une fois que j’essaie de te parler de quelque chose qui m’a plu, d’un bouquin en plus, tu me traites d’homosexuel ? Mais chérie, t’es complètement conne ou quoi ?
- …
- Tu veux que j’retourne voir les prostituées c’est ça ?
- Non.
- Bon alors tu te tais et tu m’écoutes.
- …
- Sinon, c’est les prostituées. Bon. Alors le truc génial dans ce bouquin, c’est que c’est genre tout le temps de la musique tu vois ? Tu pourrais le lire à voix haute tellement les phrases, les mots, les compléments d’objet même… y sont jolis tu vois. C’est parce que le mec qu’a écrit le bouquin tu vois, Alessandro Baricco y s’appelle, et ben ce type là il est aussi musicologue.
- …
- Il est genre écrivain. Et musicologue.
- …
- Moi, je suis en CDD au Maxi Coop. Tu vois le genre ?
- C’est bien mon lapin que t’aies trouvé ce job, j’te jure. Ma mère elle dit que les caissiers des fois, ils finissent par avoir leur propre magasin des fois, genre, s’ils taffent bien.
- Le mec, il est écrivain, musicologue et il fait des purs bouquins. J’suis sûr qu’il a pas besoin d’aller aux putes c’lui là, entre parenthèses. Chérie ?
- Oui mamour.
- J’vais écrire un bouquin.
- Mais depuis quand…
- Tut tut tut… Je vais… Ecrire un bouquin.
- Chéri ?
- Ouais…
- C’est pas grave si t’es homosexuel. On pourra quand même rester potes. Genre.
Par Trompette_sournoise - Publié dans : La tribune littéraire
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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /2008 11:00

« Je m’appelle Joséphine » de Maria Gripe.

Ed. Rageot, collection : Bibliothèque de l’amitié – Cadets
ISBN 2-7002-0100-0

A partir de 8 ans.

 

Quand on devient parent, on se demande ce qu’on pourrait bien faire lire à nos enfants… Quoique par moment représentatif d’une époque révolue, « Je m’appelle Joséphine » est un vrai petit bijou. A lire !

C’est l’histoire d’une petite fille qui se nomme Anna Gray. Anna Gray trouve son nom et son prénom trop « adulte » et décide de les échanger contre un Joséphine Joandersson, plus rigolo.

Joséphine est la dernière née d’un pasteur qui préfère être appelé « père » plutôt que papa.

Joséphine trouve les adultes injustes et méchants, tout cela à cause d’une vague histoire de papillons découpés dans le voile de (future) mariée de sa sœur Agnès. Elle décide de s’enfuir pour leur faire de la peine à tous ! Pendant son cheminement, elle s’imagine devoir travailler pour pouvoir subvenir à ses besoins, peut-être même mourir de faim et s’apitoie sur son sort lorsqu’elle rencontre une dame au profil de sorcière : Granny Lyra !

Granny Lyra plaint la « pauvre » petite Joséphine qui trouve ses propos agréables et justes. Joséphine se confie et brode des horreurs sur vie au sein du presbytère. Elle aperçoit une boîte de laquelle s’échappent des petits cris de chatons et s’imagine que la vieille femme va les tuer. Effrayée, elle profite d’un moment de solitude pour s’enfuir avec le carton sous le bras.

La pluie tombe et Joséphine croise son futur beau frère, Eric. Joséphine ne l’aime pas mais, elle accepte de monter en voiture avec lui pour retourner à la maison. Dans la voiture, le jeune homme s’ouvre à Joséphine et  lui dit qu’il apporte un voile de mariée qui se transmet de génération en génération dans sa famille. Il espère qu’Agnès acceptera de le porter !

Ouf !

« Je m’appelle Joséphine » c’est aussi :

Des injustices sociales : pour s’intégrer à la jeunesse du village, Joséphine crâne et mâche du chewing gum longtemps et finit par se faire mal aux mâchoires !

De l’aventure : elle manque de se noyer dans une rivière et est sauvée par Dieu lui-même, enfin presque !

Du people : Joséphine rencontre le Roi !

De l’amitié : Granny Lyra offre des sucreries et une poupée à Joséphine !

De l’horreur : Joséphine bourre des petits gâteaux dans la bouche de la poupée, et « ça fouette grave» !

Du psychologique ! De la trahison ! Et du happy end !

 


Eliem
 

Par Eliem - Publié dans : La tribune littéraire - Communauté : Le clan des très littéraires
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