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Aujourd'hui je me suis acheté un lit
Je n'en avais pas.
Il est en métal, NOIR, simple.
Je vais pouvoir me faire une c h a m b r e
elle sera toute petite,
avec des murs blancs
sans MEUBLE
que mon lit.
JE voudrais en recouvrir les m u r s de miroirs, ON dit que ça agrandit l'espace,
puis aussi que c'est très stimulant quand on est à deux.
Ah! mais des paons
Amédée pend
Ahmed épand
A mes dépens
Ame met des pans
A mes dais! pan!
A m'aider Pan
L'émirat dort
L'émir adore
Les miradors...
Désert aride sur la mer
Paquebot
Des airs à rides sur l'amer
Pas que beaux
http://effetmer.free.fr/article.php?sid=100&&mode=&order=0&thold=0
Sur le corps sans visage
De la triste vitrine
Le rouge est paysage
...dans l'odeur des glycines
Quand le corps est marchand
Si douce la poitrine
Les gars vont se penchant
...dans l'odeur des glycines
Mais la vie est ailleurs
Et le temps assassine
Les tendrons prometteurs
...dans l'odeur des glycines
Il ne restera rien
De la fille féline
Qui se montrait à Gien
...dans l'odeur des glycines.
http://effetmer.free.fr/viewtopic.php?topic=298&forum=11
La sonnerie du réveil nous a brusquement sortis du sommeil.
Nous nous étions promis de ne pas dormir, mais 48 heures sans fermer l’oeil c’était sans doute au dessus de nos forces. On se réveillait comme on s’était endormi. Tu étais toujours là dans mes bras, douce et chaude, serrée contre moi.
On redoutait cet instant par-dessus tout… Mais on ne l’avait pas évoqué une seule fois pendant ces deux jours.
Bien sûr on avait triché, pris énormément de marge sur l’horaire pour ne pas avoir à courir, mais on savait que rien n’arrêterait le temps.
On n’a même pas refait l’amour, on est juste resté enlacés, seuls nos yeux parlaient. Tu es allée te glisser sous la douche. J’ai allumé une cigarette. Je regardais la chambre, notre chambre, tes vêtements posés sur la chaise, il y avait des traces de toi partout ici
Dans quelques heures une femme de ménage aura tout effacé …
La suite : http://effetmer.free.fr/viewtopic.php?topic=1401&forum=28
il est dix sept ans
j'ai 18h, et c'est l'hiver.
ma mère est morte
ça fait deux ans
j'ai un peu froid
mon père, en cure de désintox
la chais-plus-combientième
et lui non plus
ne sait plus
il fait nuit, il pleut
un peu
il fait nuit
et moi j'fais rien
j'traine mes rangeots dans les squatts du centre
à boire des pils à pas cher
à faire la manche pour m'occuper
- vous n'auriez pas un franc ou deux,
une cigarette ou un peu d'beuh ?
aujourd'hui mon assistante sociale m'a chid en train d'taxer les passants
j'ai dû lui expliquer que non c'est pas pour l'argent,
que oui ça va ça va, que d'accord j'irai à l'école demain, que lâche moi la grappe.
lâche moi putain !
tout à l'heure y a gino, celui qu'est borgne, il m'a filé un joint
contre quoi j'devais lui chercher des cach'tons à la pharmacie.
passque moi j'ai une gueule d'ange, comme il dit
pas une cassée comme la sienne de rablouch édenté
mouais
surtout il voulait pas se faire repérer j'crois
enfin..
j'suis entré dans la boutique
il m'attendait sur le trottoir
j'suis entré
j'ai dis un truc à la nénette
j'sais plus trop quoi
un truc genre bien débile
histoire qu'il me voit lui parler
j'ai pas demandé de cach'tons
je m'en fous de ses cach'tons
et puis de toutes façons
je savais qu'on m'en donn'rait pas sans ordonnance
je suis ressorti
j'ai dis à gino qu'ils voulaient pas
qu'il fallait une ordonnance
ça l'a mis vénère
- rends-moi mon joint
il voulait que j'aille dans une autre pharmacie
- j't'emmerde que j'ui dis, j'suis pas ton chien
et ton bedo, carotte. c'est pour ma race.
pauv' mec.
moi j'ai gagné un beuz
consume qu'on fume, en attendant qu'ça passe..
je lézarde au plafond du squatt
je pense à elle
un peu
elle est partie
j'suis pas un mec stable elle m'a dit
tu m'étonnes
bah
ça fait rien, je fais rien
il pleut
mon joint s'en fout
je m'étends,
il s'éteint.
J’ai abandonné tes mots
Sur mon clavier sans fil…
J’ai rangé mes béryls
Et nos jeux adverbiaux…
Je regrette, mon Ami
De t’avoir tant souris
Et puis, du jour à la nuit
M’être en aller sans bruit…
J’avais caressé le vent
Et dompté notre Temps
J’avais traversé l’Océan
J’imaginais notre commencement…
Et puis, j’ai claqué la porte…
Et puis, je voudrais continuer à t’écrire en rimes… Mais, j’ai perdu le fil de ma page… Comme, si mon regard s’était tu, et ma voix close…
Je pensais que tu m’oublierais, comme les autres ont si bien fait… Tu m’as juste remplacée, par quelqu’un, que tu ne m’as présenté…
Petit Ange… Laisse couler mes larmes, sur mes doigts engourdis, par le froid méprisant… J’écris la Mort de nos accords… J’écris à contre-courant…
J’écris…
J’écris pour ne rien dire… Juste pour sentir, mon souffle… Ton souffle… Juste pour faire vivre, un peu notre Néant …
Ariel
(des fois je me parle)
La vie c’est un cri
Que tu gueules en naissant
Un long aboi obsédant
Dont l’écho te poursuit
Strident comme le trépan
A te débonder les tympans
A te débrider la violence
A te charbonner l’innocence
L’avortement était encore un crime
Je suis né mort né morne
Aveugle et déjà je braille
Sagittaire agité éjecté
Au confluent de l’inutile
De l’abandon et du rêve disloqué
Là où se tressent les peurs…
Depuis je carbone 14
Mes angoisses fœtales
Mes ennuis étouffés de gosse
Mes aventures en avatars
Mes avanies en avalanche
Mes aversions avinées à venir
Avenir avorté, avanti à vau-l’eau
A m’aviver pour m’avilir
Je veux vivre de sexe et d’eau fraîche
Des déchirements passionnels
Toujours vos jours manquent à mes nuits
Je m’hypothèque sur mes aspérités
Vous êtes trop belles pour moi
Je vous déifie, je vous défie
J’ai le mal de vos pays
Je m’échoue par petits bouts sur vos lisières
En dessinant des cartes du monde
Danses lascives, concertos de peaux
Chaque heure je vous déshabille
Puis je me dérobe, je me débats
Et je hiéroglyphe mes mémoires
Sur mes électrocardiogrammes
Je suis venu, je vous ai vues
Vous m’avez vaincu, vain dieu
On dit que les poètes sont maudits
Et je ne suis pas poète...
Ces personnes, sans cesse côtoyées (par moi) dans un même décor, finissant par faire corps avec celui-ci.
Magasin climatisé, maison entrailles, jardin rigoureusement entretenu, lieu gardé public ; tous ces endroits remplis d'autochtones, visibles à chaque passage, visibles nuit jour, comme des bornes sur les chemins que j'emprunte.
Ces personnes, sans cesse côtoyées, pas vraiment question de leur parler, de les articuler, nulle tendresse à les voir si fidèles. Ce sont de simples présences, également difficiles à percevoir et à oublier. Personnages d'ambiance, mannequins, des figurants.
Mais, surtout, que je ne les croise pas ailleurs, dans des lieux où ils ne sont pas les habituelles statues. Qu'ils ne désertent pas leur poste, ne brouillent pas les sentiers serpentants. Qu'ils ne fuient pas ce qu'ils habitent : jambes prises dans le sol, immobilité, jambes lourdes, et mon apaisement, certitudes.
Blablabla